31/12/2010

Abuseurs sexuels: Ministre De Clerck les protège

17.09.10 

Face au ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V), les membres des partis francophones de la commission "Justice" du parlement ont critiqué vendredi le protocole d'accord passé entre la Justice et l'Eglise afin de gérer les plaintes transmises à la Commission Adriaenssens.

Les partis francophones ont exprimé leur crainte face à la mise sur pied d'un nouveau centre au sein de l'Eglise. Le député libéral Daniel Bacquelaine craint que le principe de séparation entre l'Etat et l'Eglise n'a été battu en brèche. "Comment peut-on imaginer que les victimes puissent être les mieux défendues quand l'Etat, garant de la protection des victimes, avalise et cautionne une orientation des victimes en dehors de ses structures?", a-t-il réagi.

"Il ne paraît pas opportun de conseiller aux victimes de se détourner a priori de l'appareil judiciaire", estime également Thierry Giet (PS). La création d'un nouveau centre au sein de l'Eglise pose question au niveau de l'objectivité et de la neutralité, considère le parlementaire socialiste qui craint une confusion des genres.

La députée Catherine Fonck (cdH) a salué le travail mené par la commission Adriaenssens qui a permis de "briser la loi du silence", tout en regrettant qu'elle était "partie prenante de l'Eglise". "Ce n'est pas à l'Eglise à déterminer si des faits sont prescrits (...) Chacun son business", a-t-elle lancé.

Pour l'Ecolo Olivier Deleuze, l'attitude du ministre Stefaan De Clerck "nourrit l'amertume des gens qui pensent qu'il y a quelque chose d'anormal au système".

La primauté de la justice est évidente

Alors que le député socialiste flamand Renaat Landuyt a demandé vendredi, en commission de la Justice de la Chambre, au ministre De Clerck d'être ministre de la Justice et non de l'Eglise, Stefaan De Clerck a affirmé que la primauté de la Justice est "évidente" au niveau du traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale.

Le ministre Stefaan De Clerck a indiqué qu'il avait chargé le Collège des procureurs généraux de se réunir vendredi afin d'examiner la manière la plus adéquate pour que la Justice traite le plus de dossiers possibles émanant de la Commission Adriaenssens. Il n'a jamais été question de créer une forme de justice propre au sein de la Commission Adriaenssens, a-t-il réagi.

Le ministre, critiqué en commission de la Justice pour le protocole d'accord passé entre la Justice et l'Eglise, s'est montré favorable à une justice large, faite de procédures rigides combinées avec une approche plus humaine.

Le ministre de la Justice a déclaré que l'affaire touchant l'Eglise était complexe, en raison notamment de l'ancienneté des faits. Il a souligné l'importante accumulation de dossiers, soit 500, en dehors de la Justice.

Le ministre a affirmé qu'il n'avait eu aucun contact avec la conférence épiscopale afin de l'encourager à proposer une initiative visant à remplacer la Commission Adriaenssens. Il a ajouté qu'il n'est pas intervenu dans la décision du parquet général de vouloir contrôler la légalité des perquisitions.
Belga 

http://www.rtbf.be/info/articles/commission-adriaenssens-laccord-justice-eglise-critique-a-la-commission-justice